La réforme de facturation électronique (RFE) impose à toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA de dématérialiser leurs échanges commerciaux. Cette mesure gouvernementale vise trois objectifs principaux : lutter contre la fraude à la TVA, améliorer la compétitivité des entreprises et offrir à l’administration une meilleure connaissance en temps réel de l’activité économique.
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15 octobre 2025 –
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La réforme de la facturation électronique (RFE) impose à toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA de dématérialiser leurs échanges commerciaux. Cela va bien au-delà d’une simple dématérialisation des factures. Il ne s’agit pas uniquement de remplacer le papier par des fichiers numériques, mais d’instaurer un nouveau mode d’échange structuré et automatisé entre entreprises, et entre celles-ci et l’administration fiscale. Désormais, toutes les entreprises assujetties à la TVA devront non seulement transmettre et recevoir des factures électroniques selon des formats précis, mais aussi assurer un suivi et un partage des données en temps réel, via des plateformes agréées par l’Etat.
Les objectifs de cette réforme sont concrets et multiples. D’abord, elle vise à lutter efficacement contre la fraude à la TVA, en permettant à l’administration de contrôler rapidement les transactions et de détecter plus aisément les anomalies ou comportements suspects. Ensuite, la RFE favorise la compétitivité des entreprises françaises grâce à l’automatisation des processus de facturation, qui réduit les délais de traitement, limite les erreurs et diminue les coûts administratifs. Enfin, elle donne à l’État une vision en temps réel de l’activité économique, ce qui facilite l’élaboration de politiques publiques adaptées et le pilotage de la fiscalité.
En pratique, la RFE impactera tous les aspects du cycle de facturation (e-invoicing) : création, transmission, réception, archivage, mais aussi déclaration des données (e-reporting). Elle concerne autant les grandes entreprises que les PME, ETI et micro-entreprises, y compris celles bénéficiant du régime de franchise en base de TVA. Cette transformation s’inscrit dans une démarche globale de modernisation, qui implique une adaptation des outils informatiques, des processus internes et des relations commerciales.
Cette transformation réglementaire représente également une opportunité pour les entreprises de moderniser leurs processus. La facturation électronique permet de réduire les coûts d’impression et postaux, d’améliorer la traçabilité des échanges et d’accélérer les délais de paiement.
Le déploiement s’effectue en deux temps, selon un calendrier progressif :
1er septembre 2026
1er septembre 2027
Toutes les entités soumises à la TVA, y compris celles en franchise, sont concernées. Cette réforme affectera des millions d’entreprises françaises, de toutes tailles.
La réforme comprend deux composantes :
L’e-invoicing, ou facturation électronique, s’applique exclusivement aux transactions entre entreprises françaises soumises à la TVA, c’est-à-dire au secteur B2B. Concrètement, chaque facture émise dans ce cadre devra obligatoirement transiter par une plateforme agréée par l’État, appelée Plateforme Agréée (PA). Cette étape garantit la conformité réglementaire des documents et permet une meilleure traçabilité des échanges commerciaux.
En parallèle, l’e-reporting vise à automatiser la transmission de certaines données de facturation directement à l’administration fiscale. Ce dispositif concerne plusieurs types d’opérations : les ventes à des particuliers (B2C), les transactions internationales (B2B international) ainsi que les informations relatives aux paiements. L’objectif est d’obtenir une visibilité accrue sur l’activité économique des entreprises et de renforcer la lutte contre la fraude à la TVA.
En résumé, l’e-invoicing structure les échanges de factures entre entreprises françaises autour de plateformes certifiées, tandis que l’e-reporting étend la collecte de données à des opérations plus larges, assurant une communication directe et sécurisée avec l’administration fiscale.
Cette transformation modifie fondamentalement les processus de facturation traditionnels en imposant le passage par un intermédiaire technique, obligatoirement certifié par l’État, appelé au départ Plateformes de Dématérialisation Partenaires (PDP), parfois associée à un Opérateur de Dématérialisation (OD).
La Réforme de la Facturation Électronique (RFE) impose l’utilisation de formats d’échange standardisés pour faciliter l’automatisation des contrôles et sécuriser les flux d’information entre les différentes plateformes. Chaque entreprise devra choisir parmi les formats suivants :
Toutes les factures électroniques échangées dans le cadre de la RFE doivent être émises dans l’un de ces formats, afin d’être acceptées par les Plateformes Agréées et l’administration fiscale. Le choix du format dépend des besoins de l’entreprise, de ses partenaires commerciaux et des exigences de compatibilité technique de sa plateforme ou solution.
Depuis juillet 2025, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) et l’Agence pour l’informatique financière de l’État (AIFE) ont officialisé un changement de terminologie :
Cette évolution nominale vise à clarifier le statut et les rôles de chaque acteur de la chaîne de facturation dématérialisée.
Toute entreprise devra impérativement disposer d’une PA et pourra, de façon facultative et complémentaire, solliciter une SC.
Pour les entreprises déjà engagées dans leur transition vers la facturation électronique, ce changement de vocabulaire n’impacte pas le fonctionnement technique de leurs solutions. Les processus restent identiques, seule la terminologie évolue.
Cependant, cette clarification permet aux dirigeants et aux services comptables de mieux comprendre le statut de leur prestataire :
Cette distinction facilite la compréhension des entreprises et renforce la confiance dans l’écosystème de dématérialisation, témoignant de la volonté gouvernementale de professionnaliser et structurer le marché de la facturation électronique.
L’année 2025 marque un tournant décisif dans la mise en œuvre de la réforme de facturation électronique. Plusieurs avancées majeures ont été déployées par l’administration fiscale pour accompagner les entreprises vers l’échéance de septembre 2026.
Le 18 septembre 2025, la DGFiP et l’AIFE ont annoncé l’ouverture du service de consultation de l’annuaire de la facturation électronique. Ce référentiel central constitue l’infrastructure de base pour soutenir la réforme.
L’annuaire recense les entreprises et entités publiques assujetties aux obligations d’émettre et de recevoir des factures électroniques. Pour chacune, il indique la plateforme agréée qui gère ses données et les adresses électroniques de facturation.
Les premiers résultats témoignent d’une montée en charge significative en octobre2025 :
L’annuaire permet de :
La phase pilote vise à garantir une adoption progressive et sécurisée du dispositif avant l’entrée en vigueur obligatoire de la réforme prévue pour septembre 2026.
Le déploiement de la phase pilote de la RFE est programmé pour février 2026. Peuvent participer à la phase pilote toutes les entreprises désireuses de tester les solutions proposées, quel que soit leur secteur d’activité ou leur taille. Cette période d’expérimentation permettra aux entreprises volontaires de tester les nouveaux outils, d’échanger des factures électroniques en conditions réelles et d’identifier d’éventuelles difficultés de mise en œuvre.
Les plateformes de dématérialisation partenaires, ainsi que les éditeurs de logiciels, sont également invités à s’impliquer pour accompagner leurs clients dans cette première phase et optimiser l’intégration technique des nouveaux outils.
Les entreprises volontaires pourront ainsi tester le système en situation réelle et ajuster leurs processus sans risque sanction administrative, facilitant une transition maîtrisée vers la facturation électronique généralisée.
Cette phase pilote représente une opportunité pour l’administration en lui permettant d’améliorer le dispositif selon les besoins identifiés.
Face aux enjeux de la réforme de facturation électronique 2026, les partenaires Divalto accompagnent leurs clients dans cette transformation. Grâce à ses 40 ans d’expérience dans l’édition de logiciels ERP et CRM, Divalto propose des solutions adaptées aux besoins spécifiques des entreprises de taille moyenne et intermédiaire.