logo

Le SaaS coûte-t-il vraiment plus cher qu’avant ou les entreprises utilisent-elles simplement
plus d’outils ?

🎙️ Jean-Pierre Fernandez : Je pense qu’il faut distinguer la valeur absolue et la valeur relative. En valeur absolue on peut parfois avoir l’impression de payer plus qu’avant. Mais cette dépense ajoute aussi plus de valeur et surtout permet de faire des économies sur d’autres postes ! Une solution qui n’est pas en SaaS impose d’ajouter tout un ensemble de coûts invisibles au premier abord : les coûts liés à la sécurité, la maintenance du matériel hébergé en local, aux équipements qui deviennent obsolètes de plus en plus rapidement, et aux mises à jour de version. 

Si l’on compare uniquement le prix d’achat d’un logiciel en local avec un abonnement SaaS, le SaaS peut sembler plus cher. Mais en intégrant tous ces coûts cachés liés à l’infrastructure locale, on constate que le SaaS est souvent équivalent, voire moins coûteux, surtout si l’on veut garantir un bon niveau de sécurité et un matériel performant. Et cela sans parler du coût lié à la masse salariale et le temps passé pour gérer les infrastructures nécessaires.  

Un argument revient souvent lors des échanges : « Oui, mais l’infrastructure je l’ai déjà ». C’est vrai, mais là aussi, il faut nuancer : cette infrastructure existante a été dimensionnée pour un usage donné. Ajouter un nouveau logiciel implique généralement de la renforcer, ce qui représente, là aussi, un coût supplémentaire à prendre en compte. Il faut également former les équipes d’administration systèmes à ces nouvelles solutions.

À partir de quel moment un SaaS devient-il une dépense excessive et comment un dirigeant peut-il savoir objectivement qu’il paie trop cher ?

🎙️ Jean-Pierre Fernandez : Un SaaS devient une dépense excessive à partir du moment où il n’est pas réellement utilisé. Le principe même du SaaS, c’est que l’on paie un service : si on ne l’utilise pas, on paie pour rien. Si une entreprise a acheté 150 accès mais n’en utilise que 30, c’est le signe d’un besoin mal évalué et c’est précisément là que la facture devient lourde. 

On peut faire le parallèle sur le plan individuel : chacun a son abonnement à un service de vidéo à la demande, sa box internet, ses bouquets de chaînes TV … et quand on additionne tout, on réalise qu’on utilise finalement que très peu de services au quotidien. En entreprise, c’est exactement la même logique, qu’il s’agisse de solutions structurantes comme un ERP ou un CRM ou de plus petits outils. 

La clé, selon moi, c’est la gouvernance. Et pour cela, la solution choisie doit être enrichie d’un back-office permettant de piloter son utilisation. Chez Divalto par exemple, nous proposons un portail complémentaire à toutes nos solutions SaaS : MyDivalto. L’utilisateur suit précisément sa consommation : le nombre de connexions, l’usage réel par utilisateur, l’usage de l’espace disque, des API, des IA… Cette traçabilité complète permet d’ajuster les curseurs au plus près des besoins réels et donc de ne pas payer pour ce qui n’est pas utile. 

Quels sont les impacts financiers et opérationnels à ne pas négliger quand on compare un abonnement SaaS à une solution développée ou hébergée en interne ?

🎙️ Jean-Pierre Fernandez : Ils sont nombreux… On retrouve d’abord tout ce que nous avons évoqué : la maintenance, la sécurité, le matériel et les logiciels techniques associés. Mais il y a également un impact souvent sous-estimé : la dépendance. Dans beaucoup d’entreprises, développer une solution en interne, avec des équipes IT ou via un prestataire, revient à n’évaluer que la facture à un instant donné. Les entreprises ont tendance à oublier que si le prestataire fait faillite ou que la personne référente quitte la structure, l’entreprise se retrouve avec un logiciel qu’elle ne peut plus faire évoluer. C’est ce que l’on appelle la dette technique d’obsolescence. Un jour ou l’autre, un bug ou une incompatibilité arrive, par exemple lors d’un changement de système d’exploitation, et sans le prestataire d’origine, il faut alors complètement changer de solution. En SaaS, cette continuité d’utilisation est garantie : si un problème survient, c’est l’éditeur qui en assume la responsabilité et la résolution, pas le client. 

Quelle est l’erreur la plus fréquente lorsque les entreprises évaluent le coût d’une solution SaaS et quel est le meilleur indicateur pour en mesurer la rentabilité ?

🎙️Jean-Pierre Fernandez : L’indicateur le plus pertinent, c’est la valeur ajoutée qu’apporte une solution SaaS au quotidien pour les équipes. Être en SaaS signifie être sur une solution constamment à jour, qui bénéficie des dernières technologies et innovations, ce qui est d’autant plus vrai avec l’essor de l’intelligence artificielle. L’éditeur met à jour la solution régulièrement et reste à la pointe de ces évolutions technologiques, ce qui permet une optimisation permanente des process.  

Prenons un exemple concret : une saisie de commande qui prenait trois à cinq minutes peut, grâce à l’IA et à des process optimisés, ne prendre que trente secondes. Cela permet de traiter beaucoup plus de commandes dans une même journée et donc d’optimiser l’ensemble de la chaîne, de la prise de commande jusqu’à la facturation. 

Il n’existe donc pas un seul indicateur universel : tout dépend du métier et des process concernés, qu’il s’agisse d’une saisie de commande raccourcie, d’un tableau de bord optimisé pour un directeur commercial, ou d’une chaîne de facturation entièrement automatisée. 

L’arrivée massive de l’IA dans les plateformes SaaS explique-t-elle une partie de l’augmentation
des prix ?

🎙️ Jean-Pierre Fernandez : Il faut avant tout identifier la valeur réelle apportée par l’IA. Si elle permet d’optimiser les process, d’accélérer la chaîne de vente ou de production et de gagner en qualité, alors elle apporte une réelle valeur. Le coût est alors compensé par un avantage concurrentiel : une augmentation du chiffre d’affaires et une réduction du churn (perte de clients), grâce à une meilleure qualité de service. Il faut mettre tous ces éléments dans la balance. Pour moi, ce coût est complètement justifié. 

Cela dit, il s’agit d’un changement majeur pour de nombreuses entreprises, un véritable changement de mentalité. L’IA ne remplace pas les humains, elle transforme certaines de leurs tâches et donc leur manière de travailler. Il faut accompagner ce changement, c’est un apprentissage progressif, qui se fait au quotidien. C’est pour cette raison que l’intégration de l’IA doit se faire par paliers. 

Chez Divalto, le premier niveau, que nous appelons « assistant », n’est pas facturé : il permet d’habituer progressivement les utilisateurs à l’IA, avec par exemple une recherche avancée ou une analyse de données. Ensuite, chacun choisit un niveau complémentaire en fonction de son usage réel et de la valeur qu’il souhaite en tirer. C’est une logique que l’on retrouvait déjà avec l’arrivée de la Business Intelligence il y a quelques années : un premier niveau simple et accessible, puis des solutions plus avancées pour les besoins plus complexes. 

Si vous deviez donner un seul conseil à un dirigeant qui s’interroge sur le coût de ses solutions SaaS, quel serait-il ?

🎙️ Jean-Pierre Fernandez : Ne pas rester sur une évaluation simple et brute de la facture, en valeur absolue. Il faut analyser la valeur relative, c’est-à-dire tout ce qu’apporte réellement une solution SaaS par rapport à l’ensemble des coûts, visibles et cachés, d’une alternative en local.

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

Découvrez nos derniers articles

ERP – 12 Oct 2026
Comment le rôle des cabinets conseil évolue avec la verticalisation des solutions ERP 

Les ERP verticaux intègrent désormais nativement les processus, les indicateurs et le fonctionnel propre à chaque secteur. La personnalisation n’étant plus le cœur du projet, le positionnement historique des cabinets conseil évolue. Ce basculement n’affaiblit pas leur rôle. Il le transforme. La valeur se déplace : de la capacité à adapter un outil vers l’expertise métier à l’accompagnement stratégique et la conduite du changement.  

Industrie – 07 Oct 2026
Traçabilité industrielle : comment l’ERP métier transforme la conformité en avantage concurrentiel 

Dans les secteurs de la mécanique, des équipements industriels, du Medtech, de l’électronique, de l’automobile ou encore de l’industrie agroalimentaire, un défaut de traçabilité peut entraîner des rappels coûteux, des blocages de production et une perte de confiance de la part des clients. Face à la multiplication des normes et obligations réglementaires pour sécuriser les clients sur la qualité des produits, une traçabilité sans faille s’impose à tous les industriels.  

CRM – 28 Sep 2026
Rentabilité des promotions : les 4 piliers stratégiques 

Les promotions absorbent une part considérable des revenus. Pourtant, dans de nombreuses entreprises, personne ne sait précisément lesquelles rapportent réellement. Le problème n’est pas le manque de promotions. C’est le manque de visibilité sur leur rentabilité. Derrière des volumes en hausse peuvent se cacher des marges en baisse.